Jeudi 24 juillet 2008: Temps caniculaire. La fête bat son plein. Aujourd'hui c'est à Omar "la SAS" (Senouci) de marier son fils et Omar "la Coinche" (Guerrache) de marier sa fille. Le branle bas de combat est aussi ailleurs, au niveau de l'autoroute dont on prépare l'inauguration et c'est le Président de la République en personne qui l'arpentera entre Lakhdaria et Bouira. Du pont sur l'Oued Bouamoud jusqu'à Bouira et même plus loin vers Ain El Bessem l'heure est aux pavoisements..

Vendredi 25 juillet 2008: Il fait au moins 44°, mais malgré l'enfer les travaux vont bon train sur l'autoroute et après les drapeaux; on procède depuis ce matin à la mise en place des portraits présidentiels et des slogans à la gloire du Rais et de son programme.

Samedi 26 juillet 2008: Le temps reste caniculaire. Les préparatifs empressés continuent sur l'autoroute; la profusion de drapeaux, de slogans, de portraits qui longent les deux voies semble avoir pour but non pas de décorer le parcours mais d'empêcher le regard présidentiel de voir la désolation d'outre-route. Un portrait géant de Monsieur le Président de la République a été accroché tout en haut d'un des minarets de la mosquée... Normal dira t'on puisque certains élus sont aussi membres attitrés de l'Association Religieuse. Ce portrait est,comme de bien entendu, visible de l'autoroute sur tout son parcours du côté de Boutboul Comme pour fausser le décor, un égout s'est éventré en plein centre du village, à l'entrée de la place, face à la fontaine publique. Le Président serait bien inspiré si, comme Boumediene de son temps, il s'avisait d'arpenter la rue principale du village, entre la nouvelle poste et le tournant Taoutaoui...

Dimanche 27 juillet 2008: Le Président est venu en coup de vent... les journaux disent à l'unisson qu'il a évité la population... Il n'a pas daigné traverser le village et n'a même pas dû le voir à travers les vitres pare-balles fumées de sa mercedes... Il a coupé les rubans qu'il fallait couper et est reparti. L'autoroute a été ouverte sur un seul sens et le village est brutalement sorti de son hibernation séculaire pour se retrouver propulsé dans la plus exécrable des modernités: celle du bruit et des fumées !

Lundi 28 juillet 2008: Un ami, T. Essaïd éminent érudit s'il s'en trouve  m'a envoyé ce message SMS: "Djebahia accueille le plus grand tunnel d'Afrique, Mabrouk, votre petit coin de paradis est mort..." Ce soir j'ai fait mon propre voyage inaugural dans le tunnel de Ain Cheriki et sur le viaduc de Oued Rekham... c'est grandiose ! spectaculaire !... autant le dire: infernal !

L'ami T. Essaid, encore une fois, ne s'est pas trompé !... Aujourd'hui le paysage attendrissant de Sidi Assem à El Khaloua en passant par Boubekeur et Boutboul ne prête ni à la poésie ni à la rêverie avec le déferlement des bolides qui le traversent. Une des sensations d'antan qui me donnait une émotion particulière, celle des glapissements nocturnes des chacals dans le Boutboul, aura disparu définitivement; à défaut de ces cris qui vous transportent aux tréfonds des mystères de la vie, de la patience légendaire et des angoisses ancestrales, on n'entendra plus que le vrombissement des moteurs qui vous ramènent vers votre condition d'homme écrasé par les soucis de vitale célérité... 

Mardi 29 juillet 2008: Un vent de tristesse souffle sur le village. L'attroupement devant l'épicerie fermée montre que c'est fini... Amar Belaid est mort, emporté par une maladie trop forte pour lui. La nouvelle est tombée le soir. Elle était attendue mais le choc est tout de même brutal. Amar Belaid n'est pas n'importe qui; c'est peut être le plus ancien épicier du village et il avait su se rendre irremplaçable pour tous les services que rendait sa modeste échoppe aux villageois, pour sa régularité, son omniprésence, son refus de se prêter au jeu de la spéculation même dans les moments de grande pénurie. On se souvient du temps où il vendait de "l'huile sans goût"  (Zit Sango) en puisant d'un fût métallique placé devant la porte, face à un autre fut de pétrole qu'il écoulait en bouteille ou demi-bouteille d'un litre... On se souvient de son petit carnet où il notait méticuleusement les ventes à crédit qu'il accordait aux villageois; on se souvient de ses colères, toujours silencieuses, face aux clients peu soucieux de respecter "la chaîne" lorsque le gaz butane ne suffisait pas...  On se souvient même que son épicerie servit de boîte postale du temps où les nouvelles se donnaient par lettre et de cette mention sur les enveloppes: "Chez Issaad Amar, Epicier à Laperrine"... Un parent à qui j'ai annoncé la triste nouvelle m'a répondu: "Que Dieu ait son âme...  Il mérite bien de se reposer !" ... C'est vrai qu'avec le recul, on se dit qu'il n'a pas volé un juste repos; alors qu'il repose en paix !

Mercredi 30 juillet 2008: Un impressionnant cortège a accompagné Amar Belaid à sa dernière demeure de Boubekeur sous un soleil de plomb. C'est à 13 H 30, après le rituel de la prière que s'est effectuée la levée du corps. Le village était noir de monde et l'affluence était à la mesure du respect qu'inspirait cet homme pourtant très réservé.

L'eau absente des robinets depuis une dizaine de jours sans que personne n'en sache la cause est revenue ce soir sans que personne ne sache comment. C'est vrai que la communication est le dernier des soucis de nos "services publics"... Il en est ainsi pour l'électricité qui subit presque quotidiennement des sautes d'humeurs intempestives (pléonasme toi-même comme disait l'autre!)... Ces sautes d'humeurs n'arrangent personne, ni les ménages qui ne savent plus quand il faut acheter la citerne d'eau, programmer le lavage des murs ou des couvertures ou congeler les petits pois et le poulet, ni les commerçants qui se retrouvent à gérer à l'emporte-pièce les produits périssables, ni les industriels qui ne peuvent plus gérer leurs personnels et leurs programmes de production... mais comme ces impondérables sont devenus une règle et non une exception, tout le monde fait avec sans aller jusqu'à l'insurrection... Juste un petit mot de cambronne quand la citerne se vide et  un petit ronchon du genre: " yen3al djed babak !..." quand le compresseur du réfrigérateur s'emballe sous l'effet de la coupure de courant.   

Jeudi 31 juillet 2008: Il fait chaud... un peu trop même mais ce n'est pas ça qui mettra le village en léthargie... Les cortèges nuptiaux se succèdent dans une folle sarabande. Au marché du village, l'heure est aux pastèques; elles connaissent le sort de la pomme de terre dont le prix est descendu de 50 DA à 12 DA le kg, celui des tomates qui se vendent difficilement à 10 DA ou celui des pommes et poires qui jonchent les marchés sans trouver preneur à moins de 30 DA/Kg.

Vendredi 1 Août 2008: La chaleur a diminué d'un cran. Le trafic sur l'autoroute se densifie chaque jour un peu plus mais le tracé de la voie a montré ses limites. Entre Boulerbah et Ain Cheriki on assiste à tout moment au spectacle des voitures, capots levés, attendant de se refroidir pour affronter ce qui reste de pente. L'autoroute a ramené aux villageois quelques profits matériels puisqu'on a constaté déjà une table à tabac...  Elle sert aussi à suppléer à l'absence de sensations fortes puisque nombre de jeunes et moins jeunes viennent s'asseoir sur ses talus pour voir passer le monde...

Samedi 2 Août 2008: Les premières figues de la saison sont arrivées; l'année est faste pour tous les produits de la terre et les figues n'en font pas exception.

Un engin de terrassement est en train de s'attaquer à "Trig Traverse"... On ne sait pas ce qu'il compte en faire. "Trig Traverse" et "Trig Moukdiya" sont les deux voies pédestres qui mènent d'Aomar à Djébahia; la première descend du côté de Ain Benhaggache vers le pont de Oued El Djemaa, la seconde d'El Harka vers le marché de Brachma. Ces deux pistes étaient très utilisées par les villageois jusqu'aux années 70, aujourd'hui très peu de gens les empruntent surtout pour les remonter car la pente est trop raide, particulièrement pour "Trig Moukdiya" mais c'est vrai que le village gagnerait en désenclavement si on s'avisait de refaire "Trig Traverse" et à mon sens, il faut y penser car la Départementale 125  qui est devenue Nationale depuis quelques mois risque de devenir un vrai calvaire à l'ouverture définitive de l'autoroute puisqu'elle représente la seule voie d'entrée et de sortie entre Bouira et Lakhdaria.

Dimanche 3 Août 2008: Les engins qui terrassent sur "Trig Traverse" ne sont pas là pour la route, cela aurait été trop beau ! En réalité il s'agit d'un investisseur qui aurait eu un agrément pour exploiter un gisement d'argile... Terrible inconscience des autorités et qui risque d'avoir des conséquences tragiques. Tout le monde sait la fragilité de l'équilibre géologique de nos terres argileuses... si par malheur on touchait à cet  équilibre c'est tout le village qui serait déstabilisé. Une fois n'est pas coutume, il faut reconnaître aux élus de la commune l'opportunité de leur intervention pour arrêter ces travaux en attendant une sérieuse étude du sol. Rappelons que c'est en amont de ce gisement d'argile que se situe la "cité du 1er Novembre" qui a connu des glissements extrêmement inquiétants il y'a une ou deux années.

Autre motif de satisfaction, A midi, un bulldozer était en train de nettoyer l'espace vide au coeur du lotissement et qui a fait l'objet d'un article illustré dans notre page "La Honte"... Ce serait une bonne chose que les autorités réagissent à ces signaux d'alarme... ce serait moins noble si elles le font pour en mettre plein les yeux à Monsieur le Wali qui devrait visiter la commune ce jeudi...

Lundi 4 Août 2008: Le marché de Brachma fait pitié... au petit matin on pouvait le traverser en coup de vent; l'ouverture de l'autoroute aura donné à cette sympathique escale un vrai coup de grâce. Il est certain que bientôt elle se fera déserter par ses innombrables vendeurs de robes kabyles dont le volume d'affaire devrait avoir régressé de 2/3. Mais si les commerçants ont tout perdu, la population elle, aura gagné en calme et en propreté... l'impact de la pollution par les gaz d'échappements dans ce village-cuvette n'a jamais été mesuré mais il est facile de le deviner...

Au village, l'opération de nettoyage semble n'être encore une fois qu'une opération démagogique. Sa programmation avec la visite de Monsieur le Wali montre de manière évidente "les besoins de la cause"... Le nettoyage de l'espace vide du lotissement dont nous parlions hier fut en fait un simple dégagement superficiel des détritus et des herbes folles; sur le rebord de la route nationale entre le virage de la garde communale et la SAS, on a procédé à la même opération en curant approximativement le fossé d'écoulement des eaux pluviales et le talus. Il faut dire que les chardons-marie et autre grande cigûe ont atteint un gigantisme à nul autre pareil en ces lieux, au point de boucher aux usagers de la route, la vision du Boutboul et de l'autoroute. Mais nous n'avons pas à faire la fine bouche... puisque les autorités, chez nous comme ailleurs, ne se réveillent que pour préparer les visites des responsables de rang supérieur, souhaitons que ces responsables nous fassent au moins une visite par saison quitte à ce que ce soit, comme d'habitude en coup de vent !

Mardi 5 Août 2008: Gros bouchon au marché de voitures d'Aomar... l'autoroute ouverte sur le seul sens Ouest-Est a libéré la RN5 sur ce sens... les automobilistes venant de l'Est trouvant la voie litteralement vide se sont tous retrouvés bloqués en doublant à qui mieux mieux, la chaleur aidant, ce n'est que vers midi que la route a été décongestionnée.

Les préparatifs de la venue du Wali battent leur plein. Tout ce qui peut gêner la vue de Monsieur le Wali est dégagé, on a même repeint la garde communale ce qui n'a jamais été vu depuis la construction du bloc de béton qui lui sert de siège.

Dans l'après-midi on pouvait voir un attroupement au cimetière de Braïka. Renseignements pris, il s'est avéré qu'on y enterrait l'épouse de Dzaïr Bouzid, morte dans la journée des suites d'une longue maladie.

L'égout éventré au centre du village est une fausse note qui fait les sarcasmes des villageois.

 

Mercredi 6 Août 2008: Le village est en fête... fêtes chez Messaoud Saadi et Meddahi Moh Ceinture Noire qui marient leurs filles, Fête chez Adjou Moh Essoudour et ElBled qui marient leurs fils et j'en oublie. L'heure est aussi à l'arrivée des émigrés...

La frénésie des rapiéçages connait une relative accalmie... La visite de Monsieur le Wali aurait été décalée.. Mais le sort semble s'acharner sur les rapiéceurs car juste après avoir colmaté la fuite de l'égout dont nous parlions hier, un autre égout s'est éventré en pleine chaussée sur la route séparant la cité Houria du Lotissement, devant la demeure de l'infortuné Moh N'Ali... Ce dernier a essayé de faire quelque chose croyant que c'est sa conduite qui était en cause, il s'est vite rendu compte que ça dépassait ses forces et ses prérogatives car il s'agissait de la conduite principale. En soirée l'égout n'avait pas encore débordé mais ce n'était qu'une question de temps... Les autorités municipales très volontaristes quand il s'agit de décorer les devantures seraient bien inspirés d'installer un groupe d'intervention rapide pour régler dès leur apparition ces problèmes de santé publique... l'été et ses grosses chaleurs constituent des facteurs aggravants de risques de survenance de maladies estivales dont  la méningite... Il faut qu'elles aient à l'esprit ce qui est arrivé un jour au sympathique jeune homme qui eut le malheur de se retrouver maire par intérim de la commune d'Ain Taya quand elle connut une épidémie suite à un problème de ce genre, car si la mairie peut invoquer n'importe quel prétexte pour nier ses responsabilités dans d'autres questions, elle ne peut les occulter en matière d'hygiène publique.

 

Jeudi 7 Août 2008: La fête continue. Dans chaque quartier c'est la même ambiance avec les mêmes tubes aux paroles coquines et à la musique peu recherchée mais frénétique... Les cortèges aussi se suivent et se ressemblent et les décoreurs de voitures nuptiales se font des affaires d'or.

Vendredi 8 Août 2008: Peu de gens parlent de l'ouverture des Olympiades en Chine ou de la guerre en Ossétie du Sud. Les préoccupations sont d'un autre ordre. La Commune a réglé le problème de l'égout du centre du village mais c'est compter sans le flair de Bacha (et c'est le cas de le dire) puisque dans la même soirée il a débusqué encore un autre potentiel foyer de maladies à transmission hydrique; il se situe aux quartiers des eucalyptus-sud. Un fossé nauséabond rempli de détritus et qui doit être un pourvoyeur en puissance de moustiques. Ce fossé (voir photo)  n'est signalé par aucun "fut de 200 litres"*** ... Il pourrait être fatal à toute personne qui y tomberait , surtout que l'endroit est sur une voie de passage assez fréquentée et dépourvue de tout éclairage public.

A ceux qui seraient tentés de trouver maladive cette fixation sur les foyers potentiels de nuisances, nous répondrons que la saison est propice à tous les risques et qu'il nous est apparu nécessaire sinon vital de signaler ces carences afin que les responsables ne disent pas après coup qu'ils "ne savaient pas"...

Note:*** le fût de 200 litres, bettiya pour ses utilisateurs, est un moyen homologué par la commune pour baliser des espaces à risques... Il a démontré son utilité devant le mur branlant de ce qui fut le 2e bureau de l'armée française face à "Dar Teissier" - à côté de la mairie... nous vous en promettons une photo...

Samedi 9 Août 2008: Début de semaine sans conviction... L'été s'alourdit et les aoûtards n'ont pas la tête aux vacances en regardant l'horizon du 1er septembre, noir de Ramadhan et de rentrée sociale et scolaire. Des satisfactions tout de même avec la profusion des fruits de saison (pastèques, melon, pommes, poires, figues et figues de Barbarie). De nombreux éleveurs nomades ont envahi les champs de leurs moutons; ça donne une image bucolique qui n'est pas sans charme: jugez-en !

Au village; le mur en pierre de l'ancien siège du 2e bureau français, face à "Dar Teissier" n'a pas résisté au séisme du 21 mai 2001. Il s'est en partie effondré et menace de littéralement s'écrouler à tout instant. Sept ans plus tard, c'est à dire le temps mis par Boudiaf et ses compagnons pour libérer tout un pays de l'OTAN, ce mur est toujours suspendu comme une épée de Damoclès sur la tête des passants. Au lieu de le détruire ou de le restaurer, les autorités attendent que le séisme, le vent où les vibrations des camions règlent ce problème à leur place. Tout ce que ces autorités par ailleurs très promptes à détruire une mairie qui tenait très bien sur ses pieds, sans l'avis du CTC, ont trouvé à faire c'est de le baliser avec les fameux fûts de 200 litres afin d'empêcher les gens de circuler dans ses alentours. Gageons qu'après ces gentils mots son sort sera scellé... Nous n'oserons pas préconiser aux Moudjahidine de s'ingérer dans cette affaire en imposant la restauration de ce lieu si symbolique... Personne ne nous écoutera et dans quelques jours, un autre site "historique" devra disparaître sous les coups de bélier des engins devant l'oeil affairé des responsables qui surveilleront les opérations "el yeddine fel k'rab" (les mains sur les hanches).

 

 

Dimanche 10 Août 2008: Il y'a quelques jours les villageois ont vu venir des finishers et autres engins de travaux routiers. Stationnés en bas du CEM, ces engins ont même été l'objet de la curiosité en coin de l'oeil de nombre de Djebahis qui sont descendus les voir en prenant l'air indifférent de promeneurs en simple randonnée pedestre. Les spéculations sont allées bon train et après tamisage de tous les avis, le village s'est entendu sur l'explication à donner à la présence insolite de ce matériel: on a enfin décidé de goudronner nos rues !... On est allé jusqu'à affirmer avec une belle assurance qu'il ne s'agit pas moins que de 9 kilomètres de voies urbaines qui seront aménagées... autant dire tout le village, des Nouaders à la Sas, de Chaabet Ouambir à Zebboudj Djem3a ! et on s'est même cru autorisé de dire que c'est M. le Wali qui a décidé de cette opération lors de la visite de M. le Président de la République...

Deux jours plus tard les engins ont levé l'ancre pour une destination inconnue... Suivis à la trace, ils auraient été repérés du côté d'El Barda, tout en haut de la montagne... Des initiés des secrets de l'administration disent que ce matériel a été mobilisé aux fins de réfection de la Départementale 125 devenue Nationale et que le tronçon de 9 km se situe en réalité entre le village et la frontière de notre commune avec celle d'El Khemis, du côté de Sidi Makhlouf... Des optimistes continuent à affirmer tenir des informations officielles faisant état du goudronnage des rues du village dans le cadre global de ce projet... d'autres plus perspicaces disent que cette opération a été bloquée en dernière minute suite aux injonctions de monsieur le wali d'effectuer d'abord un total réaménagement du circuit d'adduction en eau potable dont on dit à voix basse qu'une grande partie est faite en amiante ciment mais chut !...

 D'autres curieuses informations circulent avec insistance dans la population. On dit que M. le Wali aurait visité en catimini et dans l'anonymat le village sur une quatrelle, qu'il aurait fait tout le tour du village et essayé les suspensions de la quatrelle sur ce qui s'apparente à des rues et qu'il se serait imprégné de la situation d'épave de ce village sinistré où le chardon et le chiendent sont rois. En attendant, sa visite officielle qui a fait couler beaucoup de salive et fait naître beaucoup d'espoir aurait été reportée à une date que seul son protocole connaîtrait...

En attendant, le village continue son train train quotidien; notre place publique qu'aucun village ne peut se vanter de posséder enregistre une belle affluence nocturne; malheureusement à sa clôture en ferronnerie de mauvais goût, à ses arbres qui dépérissent l'un après l'autre sans se faire remplacer, à ses espaces non entretenus s'ajoute un éclairage public défaillant car il ne s'en allume qu'une lampe sur dix...

Lundi 11 Août 2008: La léthargie estivale se poursuit. Les champs des alentours du village sont surchargés d'ovins et de caprins; les éleveurs nomades occupent toutes les terres en chaumes, de Ain El Bor à Boubekeur. Au village une sourde révolte parcourt les citoyens qui croyaient en un renouveau après les dernières élections municipales. Non seulement les élus n'ont accompli après 10 mois aucune action méritoire mais ils se seraient investis dans la répression des "infractions" aux rêgles d'urbanisme et particulièrement les clôtures en tout-venant (bois, branches d'arbres, tôles, rosiers...) en oubliant que la principale infraction est commise par la commune qui n'a même pas matérialisé par un trottoir les bordures des rues, qui n'a rien fait pour que ces rues soient praticables et qui a réalisé des clôtures (écoles, stades...) qui n'ont rien à envier aux haies érigées par les citoyens.

Quand l'idée viendra aux élus, et elle viendra, de réguler l'élevage aviaire, bovin et ovin en agglomération, il est certain qu'elle fera de nombreux malheureux car elle n'aura rien à proposer aux éleveurs que de détruire leurs poulaillers, étables et écuries et de vendre leur cheptel pour aller s'asseoir sur le bord de l'autoroute et regarder passer les voitures... C'est aussi cela le drame d'un village qu'on veut à tout prix faire rentrer dans une urbanité débridée alors que ses habitants sont des paysans en puissance et ce n'est sûrement pas cet exécutif, tourné vers l'apparat et la répression,  qui saura définir et adopter une stratégie de conciliation du nécessaire confort urbain avec les vitales activités rurales.

On parle avec insistance de l'imminente visite de Monsieur le Wali. Il est à craindre que cette visite ne constitue une frustration de plus pour des villageois qui, à force de l'attendre, en ont fait l'événement clé depuis le passage de Boumediene dans les années 70 et se sont autosuggérés qu'au retour du Wali dans sa Wilaya, comme par miracle l'eau coulera partout, les rues deviendront praticables, le gaz de ville fonctionnel, l'éclairage public en marche, la maternité rurale en service etc... 

 

Mardi 12 Août 2008: La vie se poursuit dans son train-train habituel. La chaleur estivale est à son paroxysme. Le Ramadhan s'approche à grands pas mais paradoxalement on ne le sent pas venir...  Le feu a pris dans les chaumes du côté de Chaabet Wambir, Il s'est éteint de lui même, n'ayant pu traverser ni la route ni l'autoroute. Pour le reste c'est le statu-quo...

Mercredi 13 Août 2008: Les temps ont changé... la démagogie et le tape à l'oeil ne font plus recette. Les habitants de Ain El Azra viennent d'en administrer la preuve. En prévision de la mythique visite de Monsieur le Wali, les élus locaux ont cru bon de déplacer une armada d'engins pour nettoyer ce village oublié. Il faut dire que, dépourvu de moyens d'enlèvements des ordures ménagères, mal aménagé, il est devenu un tripot digne des bidonvilles de l'Algérois. N'ayant pas d'autres alternatives, les habitants ont dû créer des dépotoirs de fortune n'importe où. La population des lieux, réputée pour sa combativité durant la période du Parti Unique s'est divisée avec l'avènement du multipartisme en chapelles politiques disparates, ce qui a fait l'affaire des responsables qui, pour désamorcer les crises revendicatives n'avaient qu'à actionner leurs relais. Un autre phénomène est venu alléger la pression sur les autorités, celui de l'exode des populations vers le chef-lieu de la commune; en effet, nombre de familles ont bénéficié de logements à Djébahia et elles ne se sont pas faites prier pour accepter afin de quitter ces lieux inhospitaliers, éloignés des équipements sociaux (collège, lycée, poste, hôpital, mairie...) et sans perspectives pour leurs enfants. Nous disions donc qu'à peine arrivés, les engins de la commune ont été refoulés sous la menace par une population décidée à laisser le Wali voir l'état des lieux tel qu'elle le vit et non tel que veulent le lui montrer les autorités locales. Cette courageuse initiative de la population est à saluer et devrait faire tâche d'huile afin d'éviter le cinéma des badigeonneurs de trottoirs opérant la veille des visites des responsables.

On parle aussi de la révolte des gens de Ben Haroun dont on aurait exigé la destruction des haies de protection de leurs habitations, faisant injonction à la commune de réaliser d'abord les travaux d'aménagements, d'hygiène et de sécurité dont elle a la charge avant d' imposer quoi que ce soit aux populations qui usent de palliatifs pour compenser les carences de l'administration.

Jeudi 14 Août 2008: Journée extrêmement chaude... Le vent du Sud souffle sur la contrée obligeant les gens à se cloîtrer chez eux ou à aller faire trempette sur le littoral de Boumerdes à Cap Djinet. En soirée une légère fraîcheur est venue donner aux villageois un peu d'entrain.

La Commune fait encore parler d'elle... désemparée face aux problèmes auxquels elle ne peut apporter de solution faute de moyens ou d'initiatives ou de stratégie, elle se tourne vers la répression de ses administrés à coup d'injonctions et de sanctions... C'est le malheureux Moh N'A3li qui aurait reçu ordre de remettre en état l'égout public qui s'est éventré devant sa maison et ce sont les deux "éboueurs" Taouataoui et Hamlati qui se voient signifier des mises à pied pour s'être rendus coupables de fatigue suite aux préparatifs de la visite du Président de la République et osé contester la surcharge de travail.  Les habitants auraient gagné à voir ses élus sortir de cette logique pour s'investir dans d'autres préoccupations tel que l'éclairage public... sur les 20 poteaux sensés éclairer la route principale entre En-Nouader et l'ex dispensaire, un seul était allumé hier; celui qui éclaire le clocher de l'ex église transformée en mosquée.

Vendredi15 Août 2008:  Journée de piété, ça rappelle l'expectative dans laquelle se trouve l'ancienne mosquée qui semble avoir été restaurée pour rien car aucun imam ne lui a été désigné pour y conduire les prières.

Il a fait encore chaud durant la matinée mais à la nuit tombée une très agréable fraicheur a permis aux villageois de respirer... la nuit fut presque froide.

Samedi 16 Août 2008:  Embuscade fatale des gendarmes aux automobilistes à hauteur du pont de Boulerbah. Habitués à passer par la voie de gauche de l'autoroute non ouverte à la circulation, les usagers qui remontaient cette voie pour rentrer au village ont eu la désagréable surprise de se retrouver devant un barrage de gendarmerie. Un grand nombre de conducteurs se sont vus retirer leurs permis de conduire pour conduite sur sens interdit. Parmi ces infortunés conducteurs, notre ami Bachi qui était loin de se douter de pareille tuile car il emprunte cette voie sans problème depuis des mois. C'est aussi le cas des autres usagers qui pensaient que le code de la route ne s'applique qu'aux routes officiellement mises en service.

C'est vrai que cette manière de circuler sur les deux sens sur la voie de gauche alors que la voie de droite est à sens unique est extrêmement dangereuse. C'est d'ailleurs sur cette voie et pour cette raison qu'eut lieu le tragique télescopage entre les voitures du fils de Said Hamoud et de Hamouda (Ali)  Adjou que nous avons relaté dans le forum en son temps... mais il aurait été plus juste que les automobilistes soient légèrement verbalisés car l'intention infractionnelle n'y était pas.  

Dimanche 17 Août 2008:  Pas grand chose à signaler... Le retrait massif des permis de conduire opéré hier par les gendarmes continue à alimenter les discussions. L'effervescence perceptible qui parcourait la population devant l'immobilisme de l'autorité communale est retombée par lassitude. Le Wali ne viendra pas redonner l'espoir d'une fin d'été sans poussière et d'un hiver sans boue. La fatalité semble peser de tout son poids sur cette contrée livrée à la gabegie et à l'improvisation. Aucune initiative citoyenne ne veut percer les murs de l'égoïsme... La vie continue en faisant du sur-place.

En bas d'En-Nouader, des hommes des "Bandits Chaussés" (Si Hamid dixit) sont en train de nettoyer sommairement les fossés du bord de route de ses herbes sèches... Demain soir la plaque signalant le village sera enfin visible  car ils en sont à Djebbanet Ennsara et avancent à la cadence moyenne de 1km/jour...!

Lundi 18 Août 2008:  Un incendie dévore le peu de végétation qui reste dans les monts de H'lala. Personne n'interviendra en ces lieux pour sauver du feu le maquis et sa faune; l'endroit est totalement inaccessible.

l'incendie des maquis de H'lala, vu de Djebbanet Ennsara

La route "Nationale" 125 a été goudronnée jusqu'à El Maasra... Cette route qui mène de la RN5 à Ain Bessem est aujourd'hui totalement refaite; elle reste quasiment impraticable des Nouaders à l'entrée Ouest du Village à la Sas à la sortie Est... Ce tronçon qui traverse le village ne serait pas concerné par la réhabilitation de la route car son budget dépendrait non pas des travaux routiers mais de l'aménagement urbain et l'aménagement urbain du village s'est vu réserver un pactole... on parle de 11 milliards de cts... mais les travaux sont toujours remis au calendes grecques pour des tas de raisons aussi inacceptables les unes que les autres, la plus loufoque étant celle qui dit qu'il faut d'abord réaliser les réseaux divers (AEP, Egouts, gaz...) alors que ceux-ci n'ont pas arrêté de se faire réaliser...

Les "Bandits Chaussés" ont nettoyé les fossés d'écoulement des eaux situés en aval du village... Ils ont réussi ainsi à mettre en évidence la plaque indicatrice...

Mardi 19 Août 2008: Terrible attentat aux Issers... Une voiture piègée conduite par un kamikaze explose devant l'école de gendarmerie où des candidats attendaient l'ouverture des portes. L'attentat fait plus de 40 morts. L'actualité au village est dominée par cette tragédie.

Mercredi 20 Août 2008: Deux véhicules piégés explosent à Bouira faisant plus de 12 morts et des dizaines de blessés. La population s'inquiète en comprenant que personne n'est à l'abri de pareilles actions. L'approche du Ramadhan fait craindre le pire.

Jeudi 21 Août 2008: Malgré les événements tragiques des deux jours passés, le week-end est mis à profit pour expédier les fêtes restantes. Dans ce pays paradoxal, les sirènes des ambulances sonnent simultanément avec les klaxons de la fête, un peu comme pour bien montrer que la vie s'impose toujours à la mort.

Vendredi 22 Août 2008: Le Ramadhan arrive et commence à planter son décor. Le Ministère du Commerce qui ne semble avoir rien trouvé d'autre à faire veut tuer l'ambiance en imposant une nouvelle réglementation très restrictive aux activités occasionnelles et on sait que ce sont justement ces activités qui font tout le charme du Ramadhan. Ces velléités canalisatrices de l'administration algérienne sont une de ses constantes. A chaque fois, elles viennent refroidir les initiatives citoyennes et  sous le fallacieux prétexte de la régulation et de l'hygiène. Cette administration ne sait pas qu'en ces périodes de stress social et économique le pays gagnerait à laisser le citoyen s'investir dans la fête même au détriment de l'hygiène car il est plus urgent de soigner les esprits que de s'inquiéter pour les corps.

Samedi 23 Août 2008: Le temps s'est rafraîchi... Aux premières heures du jour des déflagrations sourdes ont réveillé les gens mais la frayeur s'est vite dissipée quand ils ont compris que ce n'était que des coups de gueule de l'automne contre un été qui a trop pris ses aises. Au petit matin la terre était encore imbibée de l'averse de la nuit. En soirée, l'orage est revenu, il a fait tomber suffisamment de pluie pour rendre la route glissante et occasionner les infaillibles dérapages des véhicules... Cette manie du temps à venir endeuiller les familles avant le Ramadhan est coutumière et nos gens appréhendent par dessus tout la décade d'avant les grandes occasions religieuses (Aid, Ramadhan) qu'on appelle "El 3ouachir" et qui est propice à tous les malheurs... 

Dimanche 24 Août 2008: Rien ne vient perturber la douce quiétude de notre léthargie... Devant l'ancienne mosquée un tas de gravats montre que des petits travaux sont effectués sur le réseau d'égout ou d'eau ou de gaz. Le virage à angle droit, déjà difficile à traverser est encombré par cet obstacle... La Commune qui doit prendre en charge la signalisation des travaux a procédé loin devant à la pose à même la route de deux grosses bordures de trottoirs qui constituent elles-mêmes un danger encore plus grand que le tas de gravats. Il n'est pourtant pas difficile pour elle d'acheter des plaques normalisées de signalisation des travaux ou d'obliger les entrepreneurs en charge de ces travaux à les mettre en place à chaque fois qu'il y a risque pour les usagers...  mais c'est trop demander à un exécutif qui ne sait plus discuter avec les administrés qu'à coups d'injonctions administratives brutales alors que c'est à lui que doivent être transmises les plus sévères injonctions à s'occuper du minimum de confort pour la population: hygiène, eclairage, sécurité etc...

Lundi 25 Août 2008: Des travaux de nettoyage ont repris à l'ancienne-nouvelle mosquée. D'après l'un des initiateurs de sa rénovation, Essaid Guerrache pour ne pas le nommer, son ouverture est très proche après que la Direction des Affres Religieuses ait enfin donné son accord. Espérons seulement que les croyants qui y prieront en fassent un temple à la gloire de Dieu et non le siège d'une secte qui s'opposera à une autre secte qui élirait domicile dans la nouvelle-ancienne mosquée. Mais tout porte à croire au vu des animosités et des jeux d'alliance qui ont jalonné sa réfection que les velléités d'en découdre et de favoriser les jeux d'influence l'emporteront sur la sagesse de la simple adoration et de la méditation ... Il faut  espérer aussi que la concurrence inévitable portera non sur le zèle religieux décibellique des haut-parleurs mais sur l'impact de la mosquée sur l'éducation civique des villageois et sur ces fléaux qui ont pour nom: violence, drogue, déperdition scolaire, corruption, "chauffardisme" et autres manifestations d'incivisme.

Mardi 26 Août 2008: La fraicheur s'est installée et il fait bon se prélasser sur une chaise en plastique dans le café de la place publique en sirotant un Ben Haroun frais... Parlons de cette eau pour dire le sacrilège qui a été commis à son encontre par l'ajout du sirop . Les puristes voient en cette nouvelle boisson sucrée un viol de l'eau minérale naturelle dont les vertus résidaient justement dans sa propre nature... Déjà l'ajout du gaz carbonique était considéré comme une hérésie, que dire du sucre et des colorants !...

Une photo du sacrilège commis contre l'eau de Ben Haroun

Mercredi 27 Août 2008: Des jeunes messieurs équipés de théodolites sont de bon matin en train de prendre des mesures sur la route au niveau du grand virage de Djebbanet Ennsara. Depuis qu'elle est devenue route nationale, la Départementale 125 est choyée par les pouvoirs publics et ce n'est pas pour nous déranger. Le grand virage en question est un point d'une extrême noirceur sur cette route. C'est là qu'est mort Boutheldja Hammida sur son tracteur et c'est en ce lieu qu'un italien de la sté Fioroni qui réalisait les ouvrages d'art de l'autoroute a mortellement dérapé. Ceci sans compter les innombrables accidents corporels qu'y ont subi les usagers imprudents ou ignorants des risques de ce virage sur voie très étroite et à visibilité nulle parce que réalisé à angle droit .

Jeudi 28 Août 2008: Jour de marché... Au moment où l'ambiance battait son plein, un regard d'égout a brutalement éclaté devant l'ancienne mairie. La coulée d'eaux usées est descendue jusqu'à l'embranchement de "Dar Catala" . Les vendeurs de pastèques et de melons ont dû officier dans une odeur pestilentielle et en faisant attention à l'endroit où ils devaient mettre les pieds. La situation a vite été rétablie tout de même par la municipalité. Du côté du stade, le mur dont nous avons signalé l'imminence de la chute a été détruit. Il faut reconnaître le bon travail qu'on est en train d'effectuer pour le reconstruire; des fondations très profondes avec une armature métallique très forte...  Ce n'est franchement pas du bricolage... Personne ne sait ce que ça a bien pu coûter mais  dans tous les cas ce n'est vraiment pas de l'argent perdu.

Vendredi 29 Août 2008: De nouvelles dispositions auraient été prises par la commune concernant les mariages... Il faut se rappeler que durant les mandats du maire sortant, on ne faisait pas trop grand cas des procédures administratives car le maire qui s'était résolument rangé du côté des citoyens  considérait ces excès de formalisme comme une bureaucratie à combattre. Cela a crée beaucoup de petits dépassements et l'administration a grogné mais sans mordre. Les nouveaux élus semblent s'inscrire résolument dans l'orthodoxie administrative car contrairement aux anciens qui venaient de la plèbe paysanne, les nouveaux sont cols blancs et ronds de cuir... On dit que les mariages par exemple ne sont plus enregistrés que le Lundi et en présence de Monsieur le maire... d'aucuns affirment qu'il doit se mettre en livrée pour conférer plus de solennité à la cérémonie.

Samedi 30 Août 2008: Assemblée Générale Ordinaire de l'Association Sportive Communale... appellation généralisante pour désigner l'équipe de Football locale qui n'arrête pas de servir de marchepieds aux politiciens de tout acabit.  Des cadres de la Direction de la Jeunesse et des Sports ont fait le déplacement pour assister à un autre épisode de la lutte RND-FLN qui s'est terminé par un report faute de quorum... Cette situation mérite d'être comparée à celle vécue par le club dans les années 70 qui ont vu sa création. A l'époque où l'inféodation au Parti Unique était une obligation légale de par l'Article 120 et les autres textes régissant les Associations, le Club de Foot avait constitué un véritable pôle d'opposition en s'autogérant et en refusant toute tutelle - même à titre de sponsoring. C'était une école de la Liberté et de la Fierté. Aujourd'hui qu'il est permis aux Associations de s'émanciper des tutelles administratives et politiques, le club se retrouve à jouer la servilité et s'ankylose dans les jeux d'obédience aussi peu honorables que peu productifs. L'AGO s'est tenue dans un local du maire d'avant, le maire d'aujourd'hui y a assisté comme pour mieux galvaniser ses troupes. Le résultat est là: les deux maires ont renforcé leurs positions et le club s'en est tiré avec de nouvelles dissensions. Le commun du peuple  blasé et dépité n'a qu'un seul commentaire: "Allah yah'dihoum ikhallou les jeunes trankil !"

L'équipe des cadres du MJS venue superviser la tenue de l'AGO profitant en fin de mission d'un détour par les vergers d'El Madjen pour faire provision de légumes frais.

Dimanche 31 Août 2008: Veille du Ramadhan... El Bled, l'ancien maire a ouvert son café face à la poste. Un café très spacieux et qui pourra contenir tous les joueurs de dominos de chez nous et d'ailleurs. Décor brouillon mais tables et chaises neuves et percolateur rutilant. Ce café constituera un lieu de rencontre des adeptes et on y fera certainement beaucoup de politique...

Le nouveau café... On a servi gratis aujourd'hui...

Plus haut, la deuxième mosquée est fonctionnelle et accueille tous ceux qui trouvent les prêches de l'autre mosquée insipides ou qui ont maille à partir avec l'autre association religieuse. Le village se sature de prières et de sermons que les hauts parleurs diffusent à plein régime. On ne sait pas si cette religiosité qui remplit l'atmosphère aura un impact sur les relations sociales et sur les comportements individuels ou si elle ne constitue qu'une "exorcisation" collective de l'angoisse existentielle face aux grands questionnements qui se profilent sur le devenir du monde et des hommes... questionnements rendus encore plus lancinants par le matraquage médiatique des milliers de chaines satellitaires...

Lundi 1er Septembre  2008: Après avoir vainement scruté le ciel  et n'ayant rien vu, les vieux voyeurs myopes du Ministère des Affres Religieuses allaient décréter le report du Ramadhan à Mardi... Mais les décideurs qui ne voulaient pas se faire plus royalistes que le Roi d'Arabie sont passés outre leur avis et ont ordonné le début du Ramadhan pour aujourd'hui, comme chez nos frères de la lointaine Arabie, n'en déplaise à nos autres frères d'à côté (Libye, Maroc, Tunisie)... C'est donc aujourd'hui qu'a débuté le mois sacré du Ramadhan, mois propice au retour à Dieu pour certains, à un aller simple vers les démons de la spéculation, du jeux, du farniente, de la désertion des postes de travail, des colères non maîtrisées, du gaspillage et de tout ce que l'humanité compte comme tares pour tout le reste...

Mardi 2 Septembre 2008: Ca grogne ferme au niveau de la population... Ca a commencé par le redéploiement du personnel de la Commune... Des travailleurs recrutés en qualité  d'agents d'entretien par l'ancien exécutif mais qui faisaient tout et rien: travail administratif,  gardiennage etc... se sont vus signifier par le nouvel exécutif des affectations conformes avec leurs décisions de recrutement. L'ancien exécutif a eu recours à ce subterfuge pour échapper aux exigences des postes budgétaires et des diplômés se sont vus casés comme simple ouvriers  alors qu'en réalité ils faisaient autre chose que ce pourquoi ils ont été recrutés...  L'ancien maire a trouvé là un moyen de résorber le chômage mais aussi, il faut le dire, une excellente solution pour gratifier ses soutiens de postes de travail où ils faisaient semblant de travailler quand l'Etat faisait semblant de les rétribuer. Le  nouvel exécutif, frileux, rigoureux mais revanchard aussi, a décidé sans ménagement de réaffecter les travailleurs... certains agents de sécurité se sont retrouvés éboueurs... Mais ce fut très sélectif puisque seuls les présumés soutiens de l'ancien maire se sont vus redéployés... Comme de bien entendu nombre d'entre eux ont refusé de rejoindre leurs nouvelles affectations...
L'autre aspect de la grogne villageoise vient de la nouvelle manière de gérer les besoins et les détresses citoyennes... l'ancien maire disposait comme il voulait du patrimoine communal et répondait comme il pouvait aux demandes d'aide, mettant le parc et les stocks d'outils et de matériaux à la disposition des administrés, offrant pelles, buses, tuiles, ciment ou madriers aux nécessiteux , effectuant les évacuations d'urgence sur les véhicules de la commune, alimentant les foyers en fête ou en deuil en eau  grâce aux moyens municipaux. Le nouveau maire, issu de l'administration croit en son orthodoxie et refuse systématiquement toute aide ou assistance qui ne subirait pas le formalisme administratif. Ca génère parfois des drames poignants, à l'image du vieux Ziane, père de famille nombreuse, femme handicapée, sans travail et qui a un fils atteint de démence qu'il ne peut évacuer vers le centre psychiatrique autrement qu'en sollicitant l'assistance de l'APC qui se refuse d'effectuer à ses frais pareilles tâches...

Le village, comme tous les villages, comme le pays en entier, se retrouve ainsi pris dans le sempiternel dilemme entre la tentation et les risques du volontarisme ou la nécessité et la cruauté du formalisme... Le paradoxe c'est que le maire d'obédience Ouyahia, froid défenseur du formalisme, faisait dans le volontarisme quand le maire d'obédience Belkhadem, chaud adepte du populisme, fait dans le strict formalisme... Et allez donc comprendre quelque chose !

Mercredi 3 Septembre 2008: L'assemblée Générale de l'Association Sportive s'est déroulée dans une ambiance loufoque. Devant le refus inexplicable du maire de laisser les jeunes tenir leur assemblée dans l'ex moulin à olives transformé en salle de sports, ils ont dû choisir le nouveau café de l'ancien maire. Croyant qu'il se devait d'y assister, le nouveau maire y a été interdit d'accès de manière très brutale par des jeunes qui venaient de subir les décisions dont nous avons parlé hier. L'Assemblée s'est tenue en son absence, le bilan moral et financier a été approuvé et les élections du nouveau comité directeur reportées au Dimanche prochain.

L'incident défraie la chronique villageoise et les discussions des veillées aux cafés ont été axées autour de ce seul sujet. 

L'événement est trop grave pour qu'il n'ait pas des répercussions nefastes sur de longues périodes. Nos villageois ont toujours été frondeurs mais ne sont jamais arrivés à ces extrêmités... On se souvient de Fayçal que Dieu ait son âme et de son shoot bien ajusté qui a fait tomber le cartable des mains d'un dignitaire du Parti Unique et de l'éclat de rire de la place publique face à la gêne de ce dignitaire... mais qu'un maire se fasse renvoyer devant la population, c'est un précédent très grave et dont il convient de mesurer l'impact ... mais c'est vrai que pareil geste n'est que la conséquence attendue d'une gestion  à l'emporte-pièce et de décisions dont l'arrogance le dispute à l'incohérence. Un bon mot du terroir dit: "elli igatta3 chatba issahh'abha" (que celui qui coupe une branche la traîne)...

Dans l'ordre de ces décisions aussi injustes, bureaucratiques qu'impopulaires, la nouvelle procédure imposée aux administrés pour l'achat de citernes d'eau...

Ainsi, au lieu de simplifier la vie aux citoyens, sous le prétexte de réglementer les actions de la commune, on impose chaque jour un nouveau carcan sans que par ailleurs on ne s'occupe avec sérieux des désagréments causés par le défaut d'éclairage public, d'eau potable, de gaz de ville, d'hygiène publique, d'emploi, les routes défoncées etc...

Jeudi 4 Septembre 2008: Le marché du village est famélique. Pastèques et melons rabougris s'offrent à la vue des villageois qui y déambulent dans un état second. Le temps est caniculaire; l'été semble vouloir épuiser son potentiel de chaleur qu'il n'a pas dépensé durant la faction qui lui était impartie. Le vent du sud souffle très fort et enveloppe le village de sa poussière qu'une pluie intermittente et très éparse essaie de déposer en boue sur les véhicules.

Vendredi 5 Septembre 2008: Le malaise prévalant au sein des travailleurs de l'hygiène publique de la Commune se voit aux détritus qui se décomposent sur l'esplanade de la place publique. Les fruits et légumes laissés par les vendeurs sont là depuis hier. Devant l'irréductibilité des belligérants qu'encouragent les exhortations des tireurs de ficelles des deux clans qui s'opposent par leur entremise, la situation risque de perdurer ou de connaître des développements insoupçonnables.

Les topographes qui opéraient en contrebas de Djebbanet Ennsara ne seraient pas venus pour régler le problème du grand virage mais pour délimiter l'espace qui devra servir à l'aménagement de l'accès à l'autoroute. Des villageois au courant des secrets des Dieux parlent de 17 hectares à soustraire à l'agriculture et qui verront se construire postes de péage, de contrôle, infrastructures d'accueil et utilités pour les usagers. L'information officielle n'a pas été donnée et ne le sera pas car les décideurs n'ont cure du droit de savoir des citoyens.

Le temps est exécrable, le vent du Sud continue sa partition et la chaleur est étouffante, ce qui n'arrange nullement les affaires des jeûneurs mais constitue une aubaine pour les cafetiers et les épiciers.

Samedi 6 Septembre 2008: L'été ne veut décidément pas en démordre. Il s'étale de toute sa canicule devant un automne qui rugit sans mordre. Et l'on assiste à une drôle de partition à deux ou le sirocco nous vient du Sahara chargé de sable et de chaleur durant la journée et le soir, des nuages venus de la mer viennent en rangs serrés nettoyer l'atmosphère en y pulvérisant leur pluie pour repartir et nous laisser une fraîcheur nocturne très agréable... Nous aurions tout de même préféré une inversion de la tendance car si nous n'avons pas à faire la fine bouche devant les nuits fraîches, nous  aurions aimé - Ramadhan oblige - que cette fraîcheur nous soit dispensée le jour.

En prévision des élections du Lundi, les armes s'affûtent dans les deux clans qui se disputent le club de football... on parle même d'un outsider aux dents longues qui voudrait bien coiffer sur le poteau les deux prétendants. La tension est à son comble et Demain à 16 h, il risque d'y avoir du spectacle...

Un phénomène très désagréable se manifeste depuis quelques jours... Juste au moment du F'Tour le courant électrique saute sans raison liée à quelque orage ou à Abdellah le soudeur auquel on imputait toutes les coupures durant les années 70-80... Les villageois se retrouvent obligés de faire contre mauvaise fortune bon coeur et de... dîner aux chandelles !  Et comme de bien entendu, aucun communiqué de Sonelgaz ne vient expliquer cette très désagréable situation car l'information des consommateurs a toujours été le dernier des soucis de Sonelgaz ... surtout quand ces consommateurs ne sont que Djebahis... C'est d'ailleurs le comportement de l'ADE qui n'a pas libéré l'eau potable depuis mardi passé sans avoir à s'embarrasser de justifications.

Dimanche 7 Septembre 2008: Plus d'eau dans les robinets... Devant le black out informatif personne ne sait ce qui se passe. Les spéculations vont bon train; on parle même de l'assèchement de la nappe phréatique de Boulerbah qui dessert Djebahia et Aomar. L'électricité elle aussi fait des siennes; durant la journée ce sont des dizaines de coupures plus ou moins longues et à l'heure du F'tour c'est le coup de grâce. Si on ajoute à cette ambiance un sirocco d'enfer, on voit un peu ce que cela donne...

Lundi 8 Septembre 2008: Le feuilleton des élections du bureau de l'Association Sportive Communale continue. On a assisté ce soir à un autre report. Un élu du peuple aurait même eu une sérieuse altercation avec un fils du peuple. Les acteurs en présence sont tellement gonflés par leurs sponsors qu'il est aléatoire d'espérer trouver un compromis. Le Ramadhan et le sirocco ne sont pas faits pour arranger les choses... Le manque d'eau commence à peser sur les foyers; les sautes d'humeur du courant sont exaspérantes mais elles ne risquent pas de faire l'émeute comme à Beni Amrane. La soif rend les visages noirs et les humeurs irrascibles; ce n'est que le soir que Ben Haroun fait revenir les gens à la raison.

Mardi 9 Septembre 2008: Le sirocco ne veut pas en démordre; les coupures de courant deviennent la règle et non l'exception, l'eau a coulé quelques minutes, juste pour humecter les bassines de stockage. Le Ramadhan veut rester fidèle à la tradition qui le divise en trois décades, celle de l'âne, celle du mulet et celle du cheval. Les journées de l'âne vont se terminer demain mais le sirocco devrait continuer; la météo prévoit "un retour graduel à la normale à partir de samedi"... Ces jours de grosse canicule ont eu raison de bien des verdures aux jardins ou aux balcons et on craint fort que la saison des olives ne soit compromise. Au village c'est le statu-quo, rien ne vient perturber la douce quiétude des élus et du peuple. L'espoir de voir les rues se faire goudronner s'est estompé avec le départ des engins qui ont posé le tapis sur la RN 125. Seule bricole: du côté du stade, un mur de soutènement est en voie de finition.

Mercredi 10 Septembre 2008: Il fait franchement chaud; sur l'autoroute on peut voir, à partir du village, les innombrables voitures qui s'arrêtent sur le bas-côté pour prendre un bol d'air tout capot ouvert. En soirée, sur l'esplanade de la mosquée, un nouveau souk prend forme avec sa multitude de camionnettes proposant fruits et légumes. Le Ramadhan termine sa première décade dans la soif.

Jeudi 11 Septembre 2008: Le marché du village est envahi par les fruits de saison: melons, pastèques; les légumes sont hors de prix. Du jamais vu: la carotte flirte avec les 80 DA, la salade atteint les 100 DA et la tomate d'habitude moins exigeante se négocie à plus de 70 DA. Les vendeurs de poulets sont au moins une demi-douzaine; le risque de grippe aviaire ne venant que de manière sporadique, en fonction d'on ne sait quelle logique, le poulet se vend vivant, à même la terre battue et s'égorge in-situ. Le problème des agents d'entretien n'étant pas encore résolu, les déchets laissés par le marché ont tout le temps de se putréfier avant d'être enlevés.

Vendredi 12 Septembre 2008: Le ciel est indécis. Il menace mais ne donne pas de véritable suites à ses menaces. Juste quelques gouttes pour débarrasser l'atmosphère des sables en suspensions que nous ramenés du  désert un sirocco acharné et qui profite de l'inattention de la brise du nord pour s'engouffrer en trombe dans tout couloir libre. L'appréhension des coupures de courant se dissipe; aujourd'hui tout le monde a "cassé" le Ramadhan à la lumière des ampoules et non à celle des bougies. La veillée s'est poursuivie dans les rues et places du village au clair de la lune mais là, ce n'est plus un problème de courant qui saute mais de réseau non entretenu par ces hommes qui furent élus pour nous assurer un minimum de confort. La rentrée prévue pour demain semble constituer un non-événement .

>Moh n'A3li se désolant de la situation prévalant au village

Samedi 13 Septembre 2008: Un véhicule est sorti de la voie sur l'autoroute en face de Ain Hamana. Le conducteur s'était endormi. Le chauffeur a subi quelques contusions et le véhicule des dégâts assez importants. C'est le premier accident du genre sur ce tronçon. La vitesse doit y être pour quelque chose car tout le monde sait que le ronron d'un moteur tournant à 80km/h est soporifique. Les stratèges qui définissent les vitesses sur la route doivent peut-être étudier sérieusement cette question de l'impact de la vitesse sur l'état de veille du conducteur... Ils arriveront peut être à la conclusion qu'il faut absolument rouler à plus ou moins 80 à l'heure mais absolument pas à cette vitesse...

Revenons à des choses moins relevées pour signaler l'état du village après une année de règne des nouveaux élus et disons avec amertume que l'expectative a été leur seule stratégie. Rien n'a été fait hormis deux murs de souténement, le premier très mal conçu et qui ne résistera pas à l'hiver le long de la RN 125 entre le virage Taoutaoui et l'entrée de la cité Houria, le second apparemment bien réalisé le long de la façade nord du stade sans compter la destruction précipitée de l'ancienne mairie pour laisser l'endroit en champ de ruines. Pour le reste, l'exécutif totalement déconnecté du peuple s'est retrouvé à gérer les petites susceptibilités du personnel, à corser les rapports administratifs et à réprimer à coups d'injonctions les dérives urbanistiques... L'ADE qui gère l'eau potable agit en maîtresse des lieux et continue à faire fi du droit citoyen non pas à une alimentation régulière, ce serait trop demander, mais au moins à un minimum d'informations... L'éclairage public est inopérant, l'hygiène laisse à désirer... La plus grande opération réalisée fut celle du pavoisement de l'autoroute qui a coûté la bagatelle de près d'un demi milliard de cts pour une visite présidentielle qui a duré une heure...

Question climat, le temps s'est franchement rafraîchi, le ciel est toujours menaçant mais les premières pluies dévastatrices de l'automne ne sont pas encore tombées... Les dégâts de ces pluies sont connus mais personne ne s'avise de les prévenir par le curage des voies d'évacuation des eaux pluviales obturées graduellement  par  l'amoncellement estival des gravats, les déchets et les feuilles des arbres...

Dimanche 14 Septembre 2008: Rebondissement dans l'affaire de l'Association Sportive. L'ex Président qui fut vice-président de l'APC aux couleurs du RND aurait déposé plainte contre le maire de couleur FLN pour obstruction à la tenue de l'Assemblée Générale. Le Procureur aurait ordonné aux gendarmes l'audition des deux parties. L'association sportive se retrouve ainsi dévoyée de sa mission pour servir l'un ou l'autre des deux clans qui régentent dorénavant la vie de la Commune. Il est encore heureux que nous n'ayons ni association écologique, ni groupe de scouts, ni association de consommateurs, ni club d'astronomie, ni branche de la société protectrice des animaux autrement nous aurions assisté à de mémorables empoignades à tout bout de rue !

Contrairement à la chaleur qui anime les ineptes luttes d'influence claniques le temps lui, est à la fraîcheur automnale. Le compte à rebours du Ramadhan a commencé.

La rentrée des classes est passée hier en catimini... l'ambiance qu'on lui connaît habituellement ne se retrouve plus. Les écoliers et collégiens semblent déjà fourbus avant que de démarrer l'année.

Lundi 15 Septembre 2008: Le Ramadhan entame le compte à rebours. Le temps s'est carrément mis à l'automne, une belle fraicheur en soirée fait sortir les villageois pour des veillées tranquilles dans les cafés où à la place publique. La margelle de la fontaine publique ne désemplit pas. Ca discute du feuilleton d'après le F'tour, des prix des fruits et légumes et du conflit latent entre les partisans du maire d'avant et du maire d'aujourd'hui.

Des éleveurs nomades se sont installés du côté de Ain Benhaggach, des milliers d'ovins et de caprins décapent tout ce qui est végétal et débarrassent les terres de leurs chaumes sur tout l'espace qui va du village à Boubekeur. Ca donne une image bucolique qui n'est pas sans charme.

Mardi 16 Septembre 2008: Rien à signaler... le Ramadhan continue à souffler sur la mercuriale. Le village vit au rythme du jeune: léthargie diurne, frénésie nocturne.

Mercredi 17 Septembre 2008: L'eau est revenue; personne ne sait pourquoi elle est partie... Les soirées sont toutes fiévreusement religieuses. Les deux mosquées assurent les Tarawih à grand renfort de hauts parleurs. Sinon c'est le calme plat.

Jeudi 18 Septembre 2008: Au marché du village le poulet est roi... Pas moins de 5 vendeurs proposent la volaille vivante à même la terre battue. La grippe aviaire ne serait qu'une manoeuvre des importateurs de viande congelée pour s'imposer sur le marché... C'est de bonne guerre puisque les aviculteurs ont inventé la maladie de la vache folle pour saboter les ventes des viandes ovines et bovines... Question ovins, ce n'est pas ce qui manque dans les champs d'alentours du village; les éleveurs nomades chassés par la raréfaction du couvert végétal sont venus en force.

Vendredi 19 Septembre 2008: Jour de prière, le vendredi est totalement voué à la Mosquée. Les deux lieux de culte du village font quasiment le plein; le retour (recours) à la religion s'est imposé devant l'extraordinaire effervescence des prêcheurs qui officient en boucle dans toutes les chaines de télé. Dans les rencontres entre villageois, le sujet de prédilection reste l'interprétation des concepts religieux et tout le monde se sent autorisé à lancer des fetwas sur tout sujet.

Samedi 20 Septembre 2008: L'automne s'est permis un jour d'avance; en petit matin, un brouillard à découper au couteau recouvrait la région mais le ciel s'est dégagé en journée. La recomposition de l'instance dirigeante de l'association sportive a pris un détour inattendu. Les partisans de l'ancien maire auraient été court-circuités par leurs adversaires avec la bénédiction de l'administration. L'affaire se tassera après les rodomontades d'usage.

En soirée il a fait assez frais; le Ramadhan commence à perdre de sa superbe; les veilleurs sont plus clairsemés et l'ambiance n'est plus aussi euphorique que celle des vingt premiers jours. Dure sera la reprise car le Ramadhan instaure une atmosphère totalement atypique de celle des autres mois.

Dimanche 21 Septembre 2008: Le Ramadhan commence à bouffer sa dernière décade. L'automne veut absolument s'imposer. Le temps est gris, les humeurs aussi; bref, ce n'est pas la grande joie. Les députés qui viennent de s'offrir des salaires mirobolants accentuent les sentiments d'injustice et de frustration. Le village attend toujours qu'on lui répare son éclairage public et ses rues et qu'on s'occupe un peu mieux de son eau et de son hygiène mais le fatalisme est si fort que la contestation sociale brutale qui fait entendre raison aux responsables laisse place aux haussements d'épaules désabusés qui ne sont pas pour les motiver... 

Lundi 22 Septembre 2008: La grisaille continue. Une pluie insignifiante est tombée mais elle a été suffisante pour transformer le village en grand bourbier. Le Ramadhan tire à sa fin. La lassitude se lit sur tous les visages. Le village continue toutefois à vivre ses nocturnales. Du côté du pont de Oued El Djemaa, le garage de B.M a vu des visiteurs nocturnes l'alléger de son toit en fibro-ciment. L'eternit est hors de prix depuis qu'on a décrété l'amiante cancérigène. C'est aussi un des paradoxes de chez nous...

Mardii 23 Septembre 2008: Le temps est toujours instable mais l'insignifiance des pluies n'a même pas eu pour incidence la sortie massive des fourmis ailées et l'immense ballet ornithologique qui s'ensuit. De timides labours commencent à donner à la terre l'air d'une vaste mosaique baroque. Durant toute la journée des travailleurs des Ponts et Chaussées se sont échinés à redresser la plaque qui indique le village au niveau de l'échangeur de l'autoroute et qui a fait l'objet de commentaire dans notre rubrique "LA HONTE"... La honte sera levée quand il réussiront à lui redonner bonne présentation.

Mercredi 24 Septembre 2008: La pluie tombe... Une fine pluie qui devrait faire reverdir très vite les champs en irrigant les graines en surface tombées durant l'été; un regain qui donnera des couleurs à la terne étendue des terres décapées par les incisives des moutons des éleveurs nomades. Le ciel est toujours menaçant et pas très loin de chez nous, de Beni Amrane à Alger, des trombes d'eau se sont déversées sur les rues, ne réussissant pas à se faire avaler par des avaloirs bouchés...

Les deux travailleurs qui s'échinaient hier à redonner forme à la plaque indicatrice de l'échangeur ont dû se résigner à l'arracher totalement. S'il vous arrive de passer par les lieux, vous trouverez un carrefour à trois chemins... deux chemins mènent quelque part puisque c'est indiqué, le troisième ne mène nulle part... c'est à dire vers notre village !... Ca me rappelle une vieille femme naïve de notre famille qui regardait la météo uniquement pour voir quel temps il ferait "fi baqi el watan" (le reste du pays) car elle croyait en son for intérieur que nous vivions dans "le reste du pays" - reste au sens de déchet, no man's land...

Jeudi 25 Septembre 2008: Pas de nouvelles, bonne nouvelle... L'Aid approche et les soucis du ftour font place à d'autres préoccupations... Les pouvoirs publics viennent de laisser encore un pan de nos traditions s'écrouler en ne réagissant pas à l'augmentation démentielle des prix du sucre et de la semoule. Les makrouts de l'Aid devront se faire faméliques ou ne pas se faire. Déjà que la cuisine baroque de l'occident a remplacé notre bon vieux couscous pour le prix abusif de la semoule et de l'huile d'olive, du raisin et du smen, voilà que nous devons nous faire à l'abandon des makrouts...  La mondialisation n'est pas une vaine menace...

Vendredi 26 Septembre 2008: La pluie a fini par se décider... Elle est tombée en grosses trombes, a dénudé le sable qui couvrait pudiquement les crevasses de la route puis est descendue, traînant les herbes sèches et les branchages, à arraché aux fossés des tonnes de terre arable qu'elle est allée déverser dans l'oued Djemaa. Ce dernier n'a pu résister et s'est mis en branle vers l'Isser. Le temps s'est nettement rafraîchi, le Ramadhan exhale les dernières effluves de sa chorba. 

Samedi 27 Septembre 2008: Le temps persévère dans son instabilité. Il a suffi de quelques jours de petite pluie pour que les champs s'essayassent au vert. Le village continue à vivre au rythme du Ramadhan. Les dernières figues de barbarie de H'lala ont été proposées aux jeuneurs ce soir à côté de la mosquée. Ventre affamé n'ayant pas d'yeux, c'est après la rupture du jeune qu'on se rendra compte de leur insipidité malgré le belle couleur dégradée jaune et rouge car la figue de barbarie résiste mal aux froidures et aux pluies. Quatre poteaux de l'éclairage public sur les 19  entre EnNouader et le l'ancien dispensaire  sont fonctionnels par on ne sait quel miracle. Pour rester dans les poteaux, il faut signaler le danger que représente le pylône electrique en ciment situé au rond-point Taouataoui... Cassé par quelque camion en mauvaise manoeuvre, ce pylône risque à tout moment de s'écraser... espérons qu'il aura l'idée de le faire quand le route sera libre car autrement ce sera le drame...

Dimanche 28 Septembre 2008: Le froid se fait plus incisif. Les marchés flambent à l'approche de l'Aid; les commerçants qui n'ont pas ramassé le pactole en ce mois de piété font bouchées doubles pour rattraper le retard. La crise économique mondiale semble avoir frappé de plein fouet le village; la fin du Ramadhan est un non-événement; seuls quelques étalages de bijoux de pacotille que boudent les enfants montrent qu'une fête se prépare. L'esplanade du café de la place se désemplit chaque jour un peu plus et les trottoirs squattés devant le café de la poste jouent aux vases communicants avec l'intérieur. Un médecin qui a pignon sur rue à Kadiria serait décédé hier de maladie à l'hôpital de Lakhdaria. Si l'information se confirme, c'est une page assez lourde qu'il faudra tourner car ce médecin était un peu comme les anciens médecins de campagne, un homme pieux, modeste, honnête et dévoué.

.Lundi 29 Septembre 2008: Comme à chaque veille d'Aid, nous avons vécu dans l'expectative jusqu'à 21 H. Quand deux associations scientifiques qui se présentent en références en matière d'astronomie ne réussissent pas à se mettre d'accord sur la visibilité du croissant, faut il s'étonner de voir le ministère des Affaires Religieuses mobiliser les voyeurs et faire tout un cinéma en usant d'un suspense de mauvais aloi pour enfin nous délivrer ... Le temps étant couvert, le croissant ne s'est pas laissé voir... Aucune instruction ne parvenant  aux représentants de notre clergé, il fut décidé de prolonger le Ramadhan d'une journée. Allez avec ces pratiques faire une quelconque programmation !... A l'heure où les crises financière, économique, alimentaire, sécuritaire, énergétique, climatique, morale etc...  risquent d'accélérer la fin de ce monde, nous faisons preuve de petites gâteries ...

Mardi 30 Septembre 2008: Journée difficile... on ressent comme une "zkara" car les mois lunaires sont rarement de 30 jours mais on se fait stoïque pour ne pas perdre le capital piété engrangé durant 29 jours... La veillée est petrurbée par le mauvais temps qui semble avoir pris ses aises. L'ami Fatah 24 a choisi cette veille de l'Aid pour aller se promener dans les décors des abords de l'autoroute près de Boubekeur. Ayant perdu le contrôle de se véhicule aux dernières minutes précédent le F'tor, il a frôlé l'irréparable... Il s'en est tiré avec une grande frayeur, ses enfants qui l'accompagnaient en ont été quittes pour des contusions sans gravité. A signaler - puisque c'est moi qui l'ai conduit à l'hôpital de Lakhdaria après le F'tour, la disponibilité, la diligence et le sérieux dont a fait preuve le service des urgences sous la férulé du Dr Boussebaine.

Mercredi 01 Octobre 2008: C'est L'Aid... Après la prière rituel, les embrassades ont commencé. L'atmosphère est détendue. La pluie de la nuit a permis la libération des fourmis ailées dont les ailes scintillent au soleil. Chez nous, quand les pluies lessivent l'atmosphère des impuretés en suspension, il vient un soleil qui vous donne un éclat sans pareil à la nature. Les feuilles, les fleurs, l'air resplendit d'une clarté qui vous donne l'impression que le monde vous sourit.

Jeudi 02 Octobre 2008: Deuxième journée de l'Aid. Celle réservée aux visites familiales. Le marché s'est quand même tenu  mais avec deux étals malingres, proposant des fruits et légumes à la fraîcheur douteuse. La pluie a rendu le village quasiment impraticable. Les pauvres enfants qui sont sortis pour en mettre plein la vue à leurs semblables ont dû se retrousser les manches et slalomer entre les flaques d'eau. A la mosquée, la zakat a permis de rassembler quelques 14 millions de centimes que la "Ledjna" s'est échinée à répartir entre quelques 70 nécessiteux (certains autoproclamés et devenus statutairement indigents)... Cette solidarité bureaucratisée a crée une caste de petits malins sans gêne qui vient chaque fois parasiter les vrais démunis. Une caste qui ne sait aujourd'hui qu'attendre goulûment les suibsides de l'Etat (prime de scolarité, aides à la construction, couffin du Ramadhan, Zakat des des Aid...)

Vendredi 03 Octobre 2008: Rab providentiel accordé à l'Aid. Le long week end a incité les Algérois à retourner au bled. Le plus dur fut de rentrer. Les gendarmes ayant eu l'idée de placer un autre barrage filtrant à l'embranchement de Thénia et qui est venu s'ajouter à ceux de l'entrée des Gorges de Lakhdaria, de Ammal, de Beni Amrane, de Corso et de Réghaia, on devine un peu ce que cela a donné... une nuit d'enfer pour les automobilistes qui ont dû rouler littéralement pare-choc contre pare-choc de Lakhdaria à Alger. La pluie diluvienne qui s'est abattue après 21 h n'a pas simplifié les choses...

Samedi 04 Octobre 2008: Le jour de l'Aid a été attristé par la nouvelle des inondations catastrophiques de Ghardaia qui ont fait, au dernier décompte macabre, 33 morts, des dizaines de disparus et des centaines de blessés. Ce scénario-catastrophe risque de se répéter en tout lieu où dame pluie ose faire une pointe  de plus de 80 mm/h car aucun barrage n'est prévu pour réprimer cet excès. Le mauvais temps qui alourdissait notre atmosphère s'est dissipé et un soleil resplendissant éclaire la contrée. Les pluies ont permis au regain de pousser dru... et la nature s'offre en spectacle avec ses bandes vertes qui côtoient les diverses couleurs de la terre labourée.

Dimanche 05 Octobre 2008: L'après Ramadhan a toujours les couleurs de l'ennui. Finis les étalages colorés de limonade et de pâtisseries. La grisaille a repris ses droits. Les "jeunes" retraités qui hantent les cafés ont l'air d'âmes en peine attendant la moindre sensation même si elle doit revêtir celle d'un véhicule slalomant entre les nids de poules de la route défoncée. Dans cette ambiance surréaliste, les seuls bruits qui s'entendent restent l'appel du vendeur de sardines ou  celui d'un lointain colporteur de tapis promenant sa nonchalance et ses ballots  entre les ruelles de quelque lotissement.

Lundi 06 Octobre 2008: Le kiosque du bas de la place a retrouvé repreneur. On vient d'y installer un petit service de restauration rapide. La place va devoir se faire à l'odeur des grillades et aux emballages des sandwichs... En attendant que la bibliothèque promise à la place de l'ancienne mairie soit construite et que la culture de l'esprit prenne quelques droits, il nous faut nous accommoder de la culture du ventre.

Mardi 07 Octobre 2008: Les pluies qui se sont abattues sur le Sud du pays ont incité les éleveurs nomades qui s'étaient installés chez nous à retourner à la steppe. Au village c'est toujours le même topo: nonchalance le jour, petites veillées la nuit. Cette situation oblige les villageois à s'occuper des petites futilités et parler des bosses des autres après avoir expédié les sujets d'importance de l'actualité internationale. En parfaits connaisseurs, ils vous parlent de la crise financière mondiale comme du duel  Mc Caine - Obama, de la guerre dans le Caucase ou des déboires de Driss Deby au Tchad... C'est si sérieux que parfois ça se termine littéralement par des rixes vite réglées par l'assistance.

Mercredi 08 Octobre 2008: La vie continue en dépit de la crise financière mondiale. Le village vit un paradoxe. D'un côté une cité fantôme qui bouge avec la nonchalance feutrée, de l'autre et à peine à quelques dizaines de mètres, une autoroute empressée où passent en vrombissant des bolides de tous poids. Le mercredi est devenu d'ailleurs un jour noir pour la circulation et ce n'est pas

Jeudi 09 Octobre 2008: Il a plu. Le marché du village ne s'est pas tenu avec l'ambiance qu'on lui connait. Il n'aurait d'ailleurs pas proposé grand chose hormis les poivrons rouges et les melons de fin de saison. A midi il n'est resté que le vendeur de poissons qui avait perdu le son et un quidam venu de la montagne et qui proposait des grenades aigres au prix de 40 DA le kg... sans trouver preneur.

Vendredi 10 Octobre 2008: La grisaille automnale persiste. Le vent du sud qui s'est levé et qui fait voler feuilles d'arbres et sacs en plastique vient donner une autre note de tristesse à l'ambiance villageoise. Les psalmodies du Coran, à l'occasion de la prière du vendredi  finissent par achever le décor d'une fin du monde imminente.

Samedi 11 Octobre 2008: Le vent du sud souffle et ramène avec lui la chaleur du désert. L'eau des nuages s'évapore  et donne une atmosphère d'une insupportable humidité. Au village une conduite d'eau s'est brisée au lotissement, l'eau potable s'est déversée sur la route jusqu'a constituer un véritable torrent. Plus bas sur la bretelle d'accès à l'autoroute, la plaque indicatrice du village a été remise en place. N'ayant pas trouvé des pieds de la bonne dimension; elle a été placée à mi hauteur des autres plaques faisant figure d'incongruité, mais l'essentiel est que le no-man's-land ait trouvé un nom !

Dimanche 12 Octobre 2008: Le  nouveau chef de Daira de Kadiria a été installé hier. De bon matin la RN5 était parsemée de policiers et gendarmes chargés d'assurer la sécurité du Wali qui a procédé à cette officielle installation à laquelle on doit avoir conviés les habituels invités représentant ce qu'on appelle "la société civile"... La "société économique" qui nourrit cette société civile, elle, on ne l'invite généralement que pour les opérations de solidarité car on ne la voit qu'en la forme d'un porte monnaie...

Au village, un très grave impair vient d'être commis contre la sécurité citoyenne. Des poteaux de l'éclairage public dont les fils doivent être abrités ont été retirés de l'intérieur du pylône et sommairement attachés par des fils de fer de manière apparente, de la connexion du bas du poteau à la lampe. Le risque d'électrocution de tout passant qui s'aviserait de toucher au poteau par temps de pluie pour peu que les fils soient dénudés n'a pas été pris en considération.

Lundi 13 Octobre 2008: Le temps est toujours gris mais excessivement chaud pour la saison. Même les nuits n'ont pas cette fraîcheur automnale qui rend si doux le sommeil. Pour le reste, rien ne se crée, rien ne se  gagne, rien ne se crée, rien ne se transforme...

L'ami D.Messaoud m'a recommandé d'élargir ce site à la Commune... En réalité toutes les rubriques concernent la région et si je focalise un peu trop sur le chef-lieu dans la Chronique c'est parce que je n'ai pas la possibilité d'avoir  en temps opportun les informations concernant les villages... Il faut vous avouer que tout le site est de ma seule conception. Pour remédier à cette lacune, je prie nos amis de me communiquer ce qu'ils voient, ce qu'ils entendent ou ce qu'il pensent au sujet de n'importe quel coin de la commune. Je me ferai un plaisir de les rapporter fidèlement dans la Chronique pour le plus grand bien des résidents et de la diaspora. Si on ne réussit pas à me trouver (ce qui serait difficile à admettre) on peut me contacter sur mon adresse electronique: borhan26@hotmail.com ou sur mon mobile au 213 (0)774 98 57 79. 

 

Mardi 14 Octobre 2008: Il pleut toujours et si ce n'est pas pour déranger les rares paysans qui restent et qui attendent le lancement de la "campagne labours-semailles" comme on dit en termes officiels, c'est assez dérangeant pour les villageois qui doivent s'accommoder de la boue qui fait ressembler le village à un champ de bataille. Du nouveau quand même dans les réalisations puisqu'on refait la clôture grillagée de l'ancien parc des eaux minérales aujourd'hui occupé par une unité de l'armée. Ca redonnera à l'entrée du village un  air plus avenant. L'éclairage public du tronçon de route d'EnNouader à l'ancienne mairie a été refait et de quelle manière ! Nous en avons parlé dans une précédente chronique... les photos ci-dessous montrent le rafistolage exécuté sur les poteaux...

Mercredi 15 Octobre 2008: La pluie continue de tomber. Le village et ses alentours poursuivent leur hibernation. Le mur du stade du côté d'El Harka a été reconstruit; il reste à espérer qu'on ne laissera pas les parpaings sans crépis extérieur et intérieur. Il est vrai qu'on aurait pu styliser un peu cette clôture comme on l'a fait pour nombre d'autres stades; ça n'aurait rien coûté d'ajouter quelques arcades et quelques piliers mais c'est trop demander à des responsables qui doivent considérer l'esthétique architecturale comme un pêché irrémissible...

Jeudi 16 Octobre 2008: Jour de marché aussi morose que le temps. Quelques cortèges nuptiaux essaient d'égayer l'atmosphère, ils y parviennent le temps de leur passage. Le café de la poste accueille les joueurs de dominos qu'on entend lancer leurs véhémences comme à travers des persiennes closes. A l'abri de l'auvent et des mûriers, des hommes figés, comme pétrifiés, voient passer les voitures...

Vendredi 17 Octobre 2008: La pluie a cessé; elle a laissé place à une chaleur humide engourdissante. En contrebas du village, du côté de Djebbanet Ennsara, un paysan laboure son champ en donnant l'impression d'étaler des bandes noires sur un fond vert. L'Ami Bachi est très en colère, son portable ne répond plus et il ne sait s'il lui a été subtilisé au marché de Kadiria ou s'il l'a laissé tomber dans quelque coin difficile d'accès dans son garage. Il a de quoi se mettre en boule parce que le portable est devenu la seule réalité commune à tout le monde. En tout moment, quand vous traversez les rues du village, vous pouvez voir à chaque recoin, des jeunes et moins jeunes gesticuler tous seuls comme si tout le monde était pris de folie. Le portable permet à chacun de ne plus être ce qu'il est et des pauvres jeunes hommes oisifs peuvent se transformer, l'espace d'une communication en hommes d'affaires racés et pleins de fric... l'oreille de femme qui écoute quelque part, parfois très loin, n'est pas dupe... elle sait qu'elle en retirera 50 DA ou 100 DA d'unités d'appel en faisant semblant de gober des rodomontades. 

Samedi 18 Octobre 2008: Il a fait beau... mais la quiétude du climat a été assombrie par un grave accident de la circulation qui a fait au moins deux morts et de nombreux blessés. Un fourgon "Toyota" de transport de voyageurs appartenant à un transporteur  nommé "Zeghad" de Ziraoua et faisant la ligne Lakhdaria- Bouira a percuté un véhicule léger à hauteur de l'ex Souk El Fellah d'Aomar, ayant perdu le contrôle, il est allé s'écraser sur un tronc d'eucalyptus du bord de la route. La circulation a été difficile sur la RN 5 durant toute la demi-journée. C'est ce sujet qui a fait l'actualité au village.

Dimanche 19 Octobre 2008: L'automne continue à se faire printemps. L'assoupissement continue lui aussi à caractériser la vie de la région. Chez les canadiens de Snc Lavalin qui réalisent la station de pompage géante de Mahas, le climat social ne serait pas au beau fixe. On parle du licenciement collectif de 400 travailleurs et de l'imminence de "l'importation" de 200 phillipins (notez le conditionnel)... C'est vrai que le revendicalisme est devenu chez nous une seconde nature mais c'est naturel car après presque un demi-siècle de droits presque sans devoirs, on peut s'estimer heureux qu'il y'ait encore des bras capables de tenir des pelles ou des corps disposés à faire 8 h sur place.

Lundi 20 Octobre 2008: Statu-quo. Rien ne vient donner de la couleur à une chronique lassée de parler de la pluie et du beau temps. Les élèves des écoles, collèges et lycées sont en pleines compositions; c'est à se demander sur quoi ils composeront vu que la rentrée doit avoir débuté réellement avec la fin des fêtes de l'Aid...

Mardi 21 Octobre 2008: La situation générale est au gris... gris le ciel, grises les terres, gris le moral... L'automne est triste comme la mort. Quelques fêtes tentent tant bien que mal de donner de l'ambiance à ce tableau figé mais les youyous des femmes et les klaxons des véhicules semblent venir d'un arrière plan sans emprise avec la réalité. C'est vrai qu'à voir le regard perdu d'un vieux assis seul avec ses pensées lointaines sur la margelle de la fontaine publique, ça vous donne un cafard du diable...

Mercerdi 22 Octobre 2008: Le lycée se construit. Les travaux avancent en catimini. Les ruines de l'ancienne mairie sont déblayées. La construction de la bibliothèque devrait donc être entamée bientôt. Certains ilôts ont passé la journée et la nuit d'hier dans l'obscurité; une panne sélective les a privés de courant suite au vend très fort qui s'est déclanché en soirée.

Jeudi 23 Octobre 2008: Hamdouche Lasmi est mort. Il souffre depuis une longue période d'une maladie qui l'a rendu invalide. C'est vrai qu'il n'a jamais pu retrouver toute sa santé depuis son accident sur la botteleuse dans les années 70. Très sympathique, Hamdouche a traversé la vie du village sans trop se faire voir. Qu'il repose en paix. Hamdouche a été enterré aujourd'hui... le cortège funèbre a rencontré deux ou trois cortèges nuptiaux, un peu comme si le destin voulait dire aux hommes que la vie continue malgré tout. Un attroupement était visible en après midi du côté Nord Ouest du stade, les mines n'étaient pas réjouies et il fallait bien penser que ce n'était pas la fête; renseignement pris, il s'agit de la mort de la femme de Saad Belgacem.

Vendredi 24 Octobre 2008: La femme de Saad Belgacem (gardien de l'école primaire) est morte hier à l'hôpital après une longue maladie. Elle a été enterrée après la prière du vendredi au cimetière de Boubekeur en présence d'une foule très nombreuse puisque tous les fidèles qui ont accompli la prière ont dû faire le déplacement pour inhumer la défunte, que Dieu l'accueille en son vaste paradis.

Le temps reste mitigé, un drôle de temps, ni franchement chaud ni franchement frais, ni franchement sec ni franchement humide. Le village comme tous les villages se prépare à fêter le 1er Novembre, les drapeaux et fanions colorés sont déjà en place et devront consentir une forte résistance contre les vents d'automne pour être encore là le samedi prochain. Cette année on a l'impression que la "famille révolutionnaire" y met plus de coeur que d'habitude, certainement pour répondre aux graves accusations proférées par le fils du Colonel Amirouche député à l'APN. Le prêche du vendredi de l'Imam de la Mosquée de Chlef , diffusé à la radio avait pour thème ...cet anathème !

Samedi 25 Octobre 2008: Le décor du premier novembre est totalement planté; on va bientôt ajouter du son à l'image en diffusant avec force décibels les chants patriotiques habituels. La grisaille continue; ce temps maussade fait de brouillard et de crachin est appelé avec dégoût "Tin'bou"... certainement une déformation de l'expression "Tiens bon!"... La crise financière mondiale ne fait pas que des malheureux... Le prix de l'huile de friture a chuté de près de 40%; le marasme économique va certainement continuer à jouer en faveur des plus pauvres jusqu'au point de rupture au delà duquel il faudra tout rembourser au double !

Dimanche 26 Octobre 2008: Branle bas de combat au village. La Wali doit venir demain !... On travaille d'arrache-pied à lui rendre son parcours agréable à la vue et - mais c'est peut-être fortuit- même les travailleurs des ponts et chaussées sont sur le pied de guerre pour refaire les tranchées... d'écoulement des eaux pluviales.

Les pylônes métalliques de l'éclairage public ont été secourus... leurs ventres béants ont reçu des portières qui cachent leurs entrailles à la vue des passants mais c'était compter sans l'appêtit des vendeurs de ferraille car à peine mis en place, ces portières ont été enlevées certainement pour rejoindre les dépôts des "récupérateurs"...

Lundi 27 Octobre 2008: Monsieur le Wali est enfin venu... Les villageois ne discutent que de ça. Les petits rajouts aux réalités initiales ont fini par constituer un monument d'anecdotes... A une question sur la destination de l'assiette de l'ancienne mairie détruite dans la précipitation, le maire aurait répondu qu'il prévoyait la réalisation d'une maison de la culture ou d'une bibliothèque... le wali aurait ironisé en disant que c'était bien ce qui manquait à cette population qui devrait venir en bottes boueuses pour se cultiver et un quidam parmi les badauds aurait lancé: Sid el Wali ils sont venus pour détruire et non pour construire !... Devant l'esplanade de la mosquée où devait se construire le très controversé et très politisé centre commercial d'un investisseur, le wali aurait ordonné la réalisation d'un hammam (sans doutes pour permettre aux villageois de régler leur problème de boue)... D'autres anecdotes vous seront racontées dans les prochains jours mais l'impression générale qui se dessine, c'est que le wali a fait ... impression !

Mardi 28 Octobre 2008: Le vent du Sud est revenu... Il souffle très fort. On dit que quand ce vent nous rend visite c'est pour passer chez nous ses 7 jours. Il fait assez froid et les nouvelles des inondations que subissent nombre de régions ne sont pas pour rassurer.

Mercredi 29 Octobre 2008: Le vent est toujours là à hurler sa tristesse et sa colère. En dépit du froid qui l'accompagne, il dessèche la terre et flétrit les herbes du regain.

Jeudi 30 Octobre 2008: Début d'un long week-end. L'atmosphère est au patriotisme. Les drapeaux ornent les rues; il n'a pas fallu trop dépenser pour les avoir car on en a fait provision à profusion lors de l'inauguration de l'autoroute par le Président de la République. Les travaux de réalisation de la bibliothèque qui doit prendre place à l'ancienne mairie ont débuté. L'ouvrage devrait monter très vite car ce n'est pas la régie communale de triste mémoire qui doit le prendre en charge mais une entreprise tenue par les délais.

Vendredi 31 Octobre 2008: Il vente toujours très fort. Des cortèges nuptiaux continuent à égayer sporadiquement les rues du village. Devant la garde communale, un peu pour suppléer aux défaillances de l'Algérienne des Eaux, El H'Midi a aménagé une petite fontaine dont les eaux viennent du Boutboul et où se désaltérent les passants sans trop se questionner sur le degré de nitrates de ses eaux...

Samedi 1er Novembre 2008: C'est la fête. Les rituelles cérémonies de recueillement, les chants patriotiques, les airs affairés et affectés des autorités, tout est mis en oeuvre pour que la commémoration de l'anniversaire du déclenchement de la guerre de libération soit empreint de solennité. Ceux qui sont morts pour la Patrie auraient certainement aimé un peu plus de gaîté...

Dimanche 2 Novembre 2008: Il continue à venter et le sirocco tient ses promesses. Le ciel menace de tomber sur la terre mais ne donne pas suite à ses menaces du moins sous nos contrées.  Le Président de la République vient de mettre un terme au faux suspens de la Révision Constitutionnelle mais sa décision ne remuera pas les foules car il a décidé de confier cette lourde tache aux bras des députés et on sait que ces bras sont faciles à lever...

Lundi 3 Novembre 2008: Fort embouteillage au marché de Brachma où commencent les ventes de moutons de l'Aid. En soirée des nuages noirs dégageant tonnerre et éclairs se sont fait voir à l'ouest. Un spectacle assez insolite d'un ciel fâché par endroits et placide par ailleurs.

Mardi 4 Novembre 2008: Ca y'est... le froid est là. Kachabia et burnous se font voir de plus en plus et les chauffages commencent à fonctionner. Les labours noircissent les terres par pans entiers. Les olives sont presque mûres et ça se voit à leur couleur mais aussi aux nuées d'étourneaux qui commencent à arriver par vagues impressionnantes pour partager avec nous les récoltes du peu d'arbres qui nous est resté suite aux incendies de l'été. Le duel Yankee entre Mc Cain et Barak Obama est le dernier de nos soucis car nos soucis...

Mercredi 5 Novembre 2008: Obama est sorti vainqueur. Il devra présider aux destinées des States. Quel sera l'impact de cette élection sur ... le village ? Personne n'est en mesure de le dire. La question se pose au vu de l'engouement qu'a généré cette élection dans tous les médias, dans la rue, les souks et les cafés au point d'éclipser cette autre information sur la révision de notre Constitution pour abolir la limitation de mandats. Une leçon qu'on devrait tirer de l'élection d'Obama, c'est que la personne providentielle n'existe que par l'effet de nos habitudes. Si Obama, noir inconnu au bataillon il y'a quelques mois est devenu président du pays du KKK et s'est fait très vite ce charisme qui va aux grands hommes, il est permis d'espérer que chez nous, chez nos frères et voisins, des hommes sortis du néant peuvent aussi rivaliser avec les dinosaures... L'autre leçon que les beaufs, champions de la Liberté, de l'Egalité et de la Fraternité entre les peuples doivent méditer c'est que si les peuplades d'hier qu'abritaient les jupons de Marianne aspiraient seulement à s'autogérer, les peuples d'aujourd'hui, forts de l'exemple américain vont aspirer à... gérer.

Jeudi 6 Novembre 2008: Rien à signaler... Les premiers chantiers de femmes ramassant les olives se font voir à Z'babedj El Metrouk et les volutes de fumée décorent déjà le paysage sur le piémont des montagnes. Au marché du village on ne propose meme pas les grenades habituelles; seuls navets, salade décorent les étals et donnent la réplique à des piments rabougris; par contre on note une profusion de glands raménés des forêts d'alentours.

Vendredi 7 Novembre 2008: Journée relativement ensoleillée. Au niveau de l'entrée de l'Ecole Boucif, face à la mairie, de gros travaux ont été engagés et la route a été coupée à la circulation durant la journée. La situation a été rétablie en début de soirée. Sur le site de l'ancienne mairie, on creuse les fondations de la bibliothèque municipale. Les travaux semblent avancer à bonne cadence.

Samedi 8 Novembre 2008:  L'actualité fait du surplace. Aucune sensation forte ne vient perturber la quiétude villageoise.

Dimanche 9 Novembre 2008:  Omar Bennaamane est décédé aujourd'hui d'un arrêt cardiaque à Kadiria où il résidait et travaillait. Omar Bennaamane fut l'avant-dernier Directeur de l'Ecole Primaire de Djebahia. Un homme d'un grand sérieux, d'une grande probité et d'un immense amour pour son métier. Il nous est venu de Beni Khelifa, du côté de Beni Amrane et a été adopté par le village où il ne compte que des amis. Il a été muté à Kadiria mais est resté très proche de nous. Consécration sans doute oubliée par bon nombre de villageois, dans la moitié des années 70 nous lui avons fait l'honneur d'être pour un temps président de l'ARD - notre équipe de Football. On se souvient de cet homme simple et sympathique et de sa vieille quatrelle qui rendait service à tout le monde avec le sourire en plus.

Lundi 10 Novembre 2008:  Omar Bennaamane a été enterré au cimetière de sa région. Nombre de villageois s'y sont déplacés pour lui rendre un dernier hommage. Qu'il repose en paix et que sa famille puisse transcender son absence. Au village le chantier de la bibliothèque, confié au sympathique Djemaa avance très bien.

Mardi 11 Novembre 2008:  Rien à signaler, sauf l'hecatombe qui continue sur le tronçon autoroutier entre le village et les eucalyptus de Kadiria... Chaque jour il s'y passe un accident grave au niveau de l'ouverture pratiquée sur le mur de séparation entre les deux voies. C'est certainement ce qui a poussé les autorités à fermer ledit tronçon à hauteur de Boubekeur.

Mercredi 12 Novembre 2008:  Le ciel continue à menacer sans donner suite à ses menaces. Ce n'est pas pour déranger les cueilleurs d'olives, surtout que la récolte est assez exceptionnelle.

Jeudi 13 Novembre 2008:  Il a plu durant la nuit. Cela favorisera la poussée des champignons mais comme pour bien d'autres bienfaits, nous ne devrions pas trop en profiter. Depuis les tragiques intoxications de Bordj Bou Arreridj, la télé et les journaux n'arrêtent pas de mettre en garde l'Algérien contre ces dangereux parapluies... C'est un peu comme pour l'éclipse... au lieu d'inviter les gens à apprécier ce beau spectacle qu'offre de temps à autre la nature, on l'a diabolisée en la montrant comme une féroce mangeuse des yeux des enfants... J'ai vu des profs de physique calfeutrer leurs fenêtres et les condamner avec force matelas, éteindre toute lumière et s'obliger, avec femmes et enfants à rester couverts... Au lieu de développer cette idée terrorisante, on aurait pu faire dans une autre didactique et prévoir les lunettes sécurisée, ouvrir toutes les écoles et inviter les maîtres à faire des cours magistraux sur le sujet, à la limite et puisque c'est un sport favori chez nous, glorifier le Bon Dieu pour avoir permis ces spectacles grandeur nature... C'est  aussi le cas des champignons. On met dans le même sac les amanites phalloïdes et les bolets et on invite tout le monde à éviter même de regarder une ombrelle de peur qu'elle ne vous saute dessus. L'occasion est pourtant propice pour développer l'information sur ce qui est bon et ce qui ne l'est pas en faisant des gros plans sur ces savoureux cadeaux de la nature et en apprenant à tout le monde à distinguer le bon grain de l'ivraie... Hélas... Il est à desespérer de voir s'installer pareille culture qui sévit même en politique ou, au lieu de différencier les types, on généralise à la famille... Les communistes sont tous athées, les islamistes sont tous terro, le pouvoir est entièrement bon, la famille révolutionnaire ne comprend aucune brebis galeuse, l'opposition est toute inféodée à l'étranger, l'école privée est infréquentable, l'école publique est la meilleure, les kabyles sont ingouvernables, les arabes des béni-oui-oui, les mozabites des négociants, les djaadis des jardiniers, les corps constitués sont infaillibles, le Président est irremplaçable...

Vendredi 14 Novembre 2008:  Il pleut... ça dégouline de partout. Et ça ne semble pas prêt de s'arrêter.  Les rues du villages sont devenues de véritables torrents qui charrient sur leur passage tout ce que El H'Midi et l'APC ont déversé comme gravier, pierres, sables, terre pour colmater les nids de poules.  Des nids de poules qui vont être mis à nu et que les eaux pluviales vont creuser davantage pour faire de la route un véritable lit de rivière.

Samedi 15 Novembre 2008:  Il continue à pleuvoir et le ciel se confond avec la terre. D'aucuns disent qu'un automne pluvieux augure d'un printemps radieux mais on dit tant de choses en matière de météo..

Dimanche16 Novembre 2008:  La météo a émis un BMS pour notre région. Elle a prévu 40mm de pluie pour quelques heures ce qui peut représenter un gros risque pour les constructions qu'on a érigées le long de Oued El Djemaa. il a effectivement beaucoup plu et l'oued s'est résolument mis en marche mais il n'a pas emporté la plate forme construite par les Canadiens de Snc Lavalin pour recevoir la station de pompage de Boulerbah... D'aucuns affirment que ce n'est que partie remise car Oued El Djemaa est perfide, égoiste et cruel mais aussi très nostalgique de son lit, de tout son lit !

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